Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Steve, vingt ans de restauration, et une mission familiale en chute libre
Steve n’était pas un novice. Fort de deux décennies d’expérience dans les brasseries parisiennes, il avait décidé de revenir à Saint-Vrain pour aider sa mère à sauver son restaurant. Cependant, très vite, les dettes s’accumulent, la pression monte, et le moral flanche. Dès février 2024, un appel à l’aide est lancé pour éviter la faillite. Heureusement, une cagnotte solidaire leur permet alors de payer leur loyer et de souffler… un temps seulement.
C’est à ce moment-là que Philippe Etchebest intervient pour la première fois. Puis, quelques mois plus tard, une seconde fois. Lors de ce deuxième passage, tout change. Le chef prend les commandes de la cuisine : « La cuisine, ce n’est pas ton fort, j’ai bien compris », dit-il à Steve. Une situation extrême qui pousse Etchebest à enfiler le tablier. C’est une image forte, presque symbolique. Grâce à cela, une énergie nouvelle émerge. Et pour un moment, une véritable renaissance semble possible.
La réouverture crée l’engouement, mais l’élan reste fragile
En janvier, à la réouverture, les tables sont presque toutes réservées. Le bouche-à-oreille fonctionne bien, les curieux affluent, la sauce prend. Lors de l’émission spéciale « Que sont-ils devenus ? », diffusée en juillet, les nouvelles semblent bonnes : +4000 euros de chiffre d’affaires, une carte clarifiée, un lieu plus chaleureux.
Moins chère que le chapon et tout aussi festive : les 4 volailles que recommande un des Meilleur Ouvrier de France pour Noël
Moins coûteuse que le chapon, plus tendre que la dinde : voici la volaille de Noël recommandée par un des Meilleur Ouvrier de France !
Pourtant, derrière les fourneaux, la réalité reste éprouvante. Steve tient seul. Il cuisine, sert, gère les réseaux, les commandes, les comptes. Et même si les caméras sont parties, la fatigue ne fait qu’augmenter. Progressivement, l’énergie que la télévision avait ravivée se consume dans la solitude et la pression quotidienne.
Le 15 août 2025, le rideau tombe pour La Grenouille
Sur Facebook, la nouvelle tombe comme un couperet : « C’est avec une grande tristesse que je vous annonce la fermeture de mon restaurant demain. » Le message de Steve est déchirant de sincérité. Il parle de passion, de dévouement, de quatre ans passés à tout donner. Et aussi de solitude : « Derrière les murs, il y a eu un homme. Moi. Seul à tout gérer, à tout porter. »
Peu à peu, la fatigue a eu raison de sa persévérance. La rentabilité ne suffit plus à compenser l’usure mentale et physique. Et même si le lieu avait retrouvé une certaine stabilité, il fallait plus que des caméras et un chef médiatique pour tenir sur la durée.
L’appel de Steve pour transmettre le flambeau
Cauchemar en cuisine : l’auberge de Béatrice et Patrice a-t-elle survécu au passage du chef ? Ce qui s’est passé après fait débat
Cauchemar en cuisine : que devient le restaurant de Cestas après l’intervention d’Etchebest, rebond ou retour à la case départ ?
Dans son dernier post, Steve ne clôt pas seulement une aventure professionnelle. Il lège un lieu, un nom, une histoire. Il tend la main à un repreneur. Quelqu’un qui, à son tour, saura redonner vie à La Grenouille. Il ne parle pas d’échec, mais de passage. De relais. Il reste fier : « Fier d’avoir tenu, d’avoir transmis, d’avoir fait vivre ce lieu avec amour et authenticité. »
Ainsi, cette fermeture nous rappelle que derrière chaque adresse se cache une âme. Que la restauration est un métier à part, fait de passion, mais aussi de sacrifices. Et que parfois, même la télévision ne suffit pas à sauver un restaurant, quand l’humain arrive à bout de souffle.


